Dawson est mort et, bizarrement, ça me fait quelque chose.
Sans prévenir, cette nouvelle m’a replongée dans un pan entier de mon adolescence. Une époque suspendue où l’insouciance m’allait bien.
Parce que Dawson, pour toute une génération, ce n’était pas juste une série. C’était nos fins de journée à attendre l’heure, à guetter l’épisode sur TF1, à marquer le calendrier pour ne pas louper une diffusion.
Je revois Marion, et nos samedis après-midi, le poste allumé à l’heure exacte. Pas d’algorithme, pas de replay. Juste l’attente.
Je me revois devant la télévision familiale, avec ma sœur, à commenter l’épisode de la semaine. Friends, Urgences, Ally McBeal. Les mêmes rituels. Les mêmes moments partagés. Une façon très simple, très évidente, d’être ensemble au même moment.
Et peut-être par déformation professionnelle, je suis obligée de constater que ces moments n’existent plus, ou beaucoup moins. Nous n’avons pas perdu le goût des histoires. Au contraire, nous n’en avons jamais autant regardé. Mais nous avons changé de régime. Chacun son rythme, son écran, ses recommandations, ses horaires. Nous avons gagné en liberté ce que nous avons parfois perdu en rendez-vous collectifs.
Je ne dis pas que c’était mieux avant. Je vis pleinement dans mon époque, qui mieux que moi pour vous parler d’IA, de ses bénéfices, de ces outils qui fluidifient, accélèrent, ouvrent des possibles immenses. Je sais ce que nous y avons gagné en confort, en accès, en choix.
Mais je garde en moi la mémoire de ces temps où l’on attendait, où l’ennui était permis. Où une semaine pouvait être traversée par l’anticipation d’un simple épisode. Où les histoires ne se consommaient pas, elles se partageaient.
Oui, je crois que ce matin, je suis un peu nostalgique. 🥹